Le diamond painting, une thérapie ? Par Stéphanie

Diamond painting, a therapy? By Stéphanie

J’ai toujours été attirée par les loisirs créatifs, par « l’art thérapie » comme on peut souvent etendre. Mon « truc » à la base c’est le coloriage pour adultes. Pendant de nombreuses années j’ai pris plaisir à mettre en couleurs des dessins, à mélanger des nuances, du matériel, à laisser parler mon imagination et ma créativité.

Oraloa pregnant

En début d’année 2020 je suis tombée enceinte. De jumelles. Nous n’allons pas parler ici de l’année 2020, mais au vu du contexte et de ma grossesse « à risque » j’ai été rapidement confinée chez moi, avec pour ordre de me reposer entre deux examens médicaux.

C’est à ce moment-là que le diamond painting est entré dans ma vie. Sans comprendre pourquoi je me suis éloignée du coloriage pour cette activité. J’avais besoin d’occuper mes mains, mais plus l’envie ni l’énergie de sortir tout mon matériel de coloriage et de réfléchir aux mélanges de couleurs et de matériels.

Une vidéo Youtube présentant le diamond painting ? Une publicité sur Facebook ? Je ne sais plus, mais j’ai commandé mon premier kit et la magie a opéré.

J’ai complété ma première toile, puis enchaîné sur la seconde. Des petites pour commencer. Puis j’ai acheté mes premières grandes toiles. Diamants ronds, carrés, j’ai testé, affiné mes goûts, une passion est née.

Et le diamond painting m’a aidée, portée pendant ma grossesse. Parce qu’une grossesse alitée, avec pour uniques sorties les visites médicales, ce n’est pas évident à vivre. J’ai découvert la communauté diamond painting sur Facebook, puis Youtube, échangé avec de nouvelles personnes, et une belle aventure a commencé.

Quelques mois plus tard, tôt, trop tôt, j’ai accouché. Mes filles sont nées à 6 mois et demi de grossesse. Malgré le repos, malgré les visites médicales où tout allait bien.

Des bébés grands prématurés ce sont des bébés tout petits. Des bébés hospitalisés pendant de longues semaines. Des bébés surveillés, des bébés que l’on ne  peut pas prendre dans ses bras sans l’assistance du personnel médical. Et ce sont surtout des bébés que l’on doit laisser à l’hôpital le soir, parce qu’il n’y a pas la possibilité de dormir sur place dans le service néonatologie.

C’est dur. Très dur. Je me suis retrouvée plus enceinte, mais pas vraiment maman. Et les soirées sont longues. Les journées également. Les incertitudes, le stress, ça a été notre quotidien pendant de longues semaines. 

Les premiers jours après la naissance plus rien ne comptait. Les journées se suivaient, avec les incertitudes, les petites victoires, les peurs, les sourires, les larmes.

Et, sans trop comprendre comment, le diamond painting s’est de nouveau imposé à moi. Les soirées sans nos bébés étaient longues, les nuits aussi. Alors j’ai repris ma pince et mon stylet, et poser des diamants m’a fait du bien, beaucoup de bien. Après une journée à l’hôpital cette activité m’occupait les mains et l’esprit, me permettait de me concentrer sur autre chose, de m’apaiser, et permettait au temps de ne pas s’étirer. De moins s’étirer en tous cas.

Oraloa DP Twins

La « folie DP » a commencé à ce moment-là. La découverte de nouvelles boutiques, les (très) nombreux achats, cette activité a été une thérapie. Une thérapie pour calmer mes angoisses, mes peines, pour aider le temps à passer, pour combler l’attente.

Les bienfaits du diamond painting ont été nombreux. La concentration nécessaire pour pratiquer cette activité m’a permis de vider mon esprit, de me calmer, de gérer mes angoisses. La satisfaction de voir une toile se réaliser, diamant après diamant, m’a aidée à avancer, à imaginer où irait cette toile terminée dans la maison. Et quel joie de se projeter, même pour une simple décoration, dans une période où tout n’est qu’incertitude, où on vit au jour le jour, où chaque heure est une victoire.

Quelques semaines plus tard nous sommes rentrés à la maison, tous les 4. Avec nos bébés en forme. Je garde un souvenir ému de cette période difficile, et aujourd’hui je suis fière de nos filles, fière de notre famille, fière de leur combat. 

Aujourd’hui le diamond painting est toujours une passion, une activité que je pratique au quotidien, qui me permet de m’évader, de penser à moi l’espace de quelques minutes, au gré des siestes de mes filles. Le terme « art thérapie » peut faire sourire, mais pendant cette période difficile et incertaine le diamond painting a été une thérapie pour moi, j’espère trouver encore longtemps du réconfort dans cette activité très apaisante. Et je me prends à imaginer la partager avec mes filles dans quelques années...

Stéphanie

Oraloa Twins

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